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Dans le Bassin du Congo, l’AFSA veut faire de l’agroécologie un levier de souveraineté alimentaire

À Yaoundé, la deuxième Conférence du Bassin du Congo réunit agriculteurs, chercheurs, organisations paysannes et acteurs institutionnels autour d’une même urgence : repenser les systèmes alimentaires africains face aux défis climatiques, écologiques et sociaux. Portée par l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), la rencontre ambitionne de consolider une transition fondée sur les pratiques locales et la protection des écosystèmes.

Dans le Bassin du Congo, où s’entremêlent enjeux alimentaires, préservation des forêts et droits des communautés, l’agroécologie s’impose progressivement comme un nouveau terrain de dialogue. Pendant trois jours, les participants à la deuxième Conférence du Bassin du Congo cherchent à transformer les engagements pris ces dernières années en actions coordonnées à l’échelle régionale.
Deux ans après le sommet inaugural organisé à Kinshasa, en République démocratique du Congo, les acteurs engagés dans cette réflexion se retrouvent avec une ambition renouvelée : dépasser les discours et renforcer les mécanismes capables d’accompagner les producteurs dans une mutation durable des pratiques agricoles. La conférence de Yaoundé constitue ainsi une nouvelle étape dans la construction d’une stratégie commune.
Pour l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique, la réponse aux crises actuelles ne peut venir uniquement de modèles importés. L’organisation défend une approche qui associe les connaissances des communautés rurales, les innovations scientifiques et une gestion responsable des ressources naturelles. Une vision qui place les agriculteurs familiaux au cœur des politiques alimentaires.
« L’agroécologie favorise la biodiversité, nourrit le sol, respecte les savoirs autochtones et locaux et renforce les économies locales », explique Million Belay, coordonnateur général de l’AFSA. Derrière cette orientation se dessine une volonté de promouvoir des systèmes capables de répondre aux besoins des populations tout en limitant les atteintes portées aux milieux naturels.
Le Bassin du Congo concentre une partie des grands défis environnementaux contemporains. Ses forêts et ses tourbières jouent un rôle majeur dans la régulation climatique mondiale, tandis que des millions de personnes dépendent directement des ressources agricoles et forestières pour leurs moyens de subsistance. La préservation de cet équilibre apparaît donc comme une question à la fois écologique et humaine.
Depuis les travaux de Kinshasa, plusieurs axes de réflexion ont été développés autour de l’entrepreneuriat agroécologique, du renforcement des capacités, de l’accès aux droits fonciers, de la participation des femmes et des jeunes, ainsi que de la restauration des écosystèmes. Ces initiatives ont permis de rapprocher des acteurs longtemps dispersés, mais des difficultés demeurent dans la mise en œuvre et le financement des projets.
L’accès aux ressources financières reste l’un des principaux obstacles identifiés par les organisations paysannes. Ces dernières appellent à davantage d’investissements dans la recherche, les infrastructures rurales et les mécanismes permettant aux producteurs d’accéder aux marchés. Elles plaident également pour une meilleure reconnaissance des semences paysannes et des pratiques développées localement.
Face à ces attentes, plusieurs partenaires financiers ont engagé des programmes destinés à soutenir les initiatives liées au climat et au développement durable dans la région. Pour les organisations présentes à Yaoundé, ces annonces devront désormais se traduire par des dispositifs accessibles aux communautés rurales, souvent éloignées des grands circuits de financement.
Au-delà des engagements financiers, la conférence entend poser les bases d’une gouvernance plus inclusive. L’AFSA et ses partenaires souhaitent instaurer un dialogue durable entre pouvoirs publics, chercheurs, organisations agricoles et populations locales afin d’éviter des politiques déconnectées des réalités du terrain.
La rencontre doit également déboucher sur l’adoption de la Déclaration de Yaoundé 2026 et d’une feuille de route régionale. Un cadre destiné à donner une nouvelle impulsion aux initiatives en faveur de l’agroécologie, de la souveraineté alimentaire et de la justice climatique dans l’un des espaces naturels les plus stratégiques de la planète.