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Ernest Zerbo Nyoma veut donner un nouveau volant au Groupe Caterpillar de Yaoundé

Élu le 21 septembre 2026 et installé une semaine plus tard à la tête de l’Association Groupe Caterpillar de Yaoundé, Ernest Zerbo Nyoma entend transformer un ancien regroupement de chauffeurs en une organisation professionnelle structurée. Formation, transparence financière, sécurité et reconnaissance des métiers des engins lourds composent la feuille de route de ce nouveau mandat de deux ans.
À Essos Sud 1, ce 28 septembre, les machines lourdes sont restées à distance. Pourtant, elles étaient partout dans les conversations. Derrière les mots prononcés au cours de la cérémonie d’installation d’Ernest Zerbo Nyoma, il était question de pelleteuses, de conducteurs, de mécaniciens, d’apprentis et surtout d’un métier que ses praticiens estiment encore trop peu regardé.
Dans l’enceinte, le nouveau président de l’Association Groupe Caterpillar de Yaoundé venait officiellement prendre les commandes d’un collectif qui veut changer d’échelle. Quelques jours auparavant, le 21 septembre, une assemblée générale constitutive et élective avait porté Ernest Zerbo Nyoma à la présidence, au terme d’un scrutin organisé sous la supervision d’une commission électorale présentée comme libre et indépendante.
Le nouveau bureau est désormais installé pour deux ans, avec un vice-président, un secrétaire général, un secrétaire général adjoint, un commissaire aux comptes et un trésorier. Une architecture administrative qui traduit l’une des ambitions centrales du nouveau président : faire sortir l’association de la logique du simple regroupement de chauffeurs pour lui donner les contours d’une organisation structurée.
Ernest Zerbo Nyoma commence pourtant son mandat par un regard vers le passé. Dans son discours, il remercie les pères fondateurs et le bureau sortant, dont il reconnaît l’héritage. L’Association Groupe Caterpillar, rappelle-t-il, n’est pas uniquement une structure professionnelle. Elle doit aussi demeurer une famille et un espace où ses membres peuvent trouver des possibilités d’épanouissement.
Mais la famille associative doit désormais apprendre à gérer ses ressources avec davantage de méthode. La transparence financière figure en tête des engagements annoncés. Les sommes collectées devront être enregistrées, leur utilisation identifiable et les ressources orientées vers des projets précis.
Parmi les priorités figurent la recherche d’un site définitif pour l’association, l’amélioration de son espace de rassemblement et l’organisation d’une fête du travail destinée à rendre hommage aux efforts des membres. Des projets encore annoncés, mais qui constituent déjà un premier test pour le nouveau bureau.
Le chantier le plus sensible est ailleurs : dans la transmission du métier.
Dans son échange avec les médias, Ernest Zerbo Nyoma insiste sur la situation des conducteurs d’engins et des maintenanciers. Au Cameroun, estime-t-il, ces professions ne bénéficient pas encore de la considération qu’elles méritent. Il cite les possibilités de formation existantes, notamment au MATGENIE, mais souligne les difficultés auxquelles certains jeunes peuvent être confrontés pour accéder à ces filières.
Son ambition est d’en faire une piste supplémentaire d’insertion professionnelle. Dans un pays où l’accès à l’emploi demeure une préoccupation pour une partie de la jeunesse, l’association veut encourager ceux qui souhaiteraient apprendre à conduire ou à entretenir des engins lourds.
Cette volonté passe par la formation des apprentis, l’accompagnement vers l’obtention des permis de conduire et la recherche de partenariats institutionnels. Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et le Fonds national de l’emploi sont cités parmi les structures avec lesquelles l’AGC souhaite travailler.
Le ministère des Transports est également dans le viseur du nouveau bureau. Ernest Zerbo Nyoma souhaite multiplier les contacts avec les administrations afin que la profession soit mieux encadrée et davantage reconnue.
Il ne s’agit pas seulement de demander une reconnaissance. Il faut aussi montrer que le secteur est capable de se discipliner.
Dans les ateliers et sur les chantiers, un engin lourd ne pardonne pas facilement l’erreur. Son poids, son gabarit et sa puissance rendent la maîtrise de la machine indissociable de la sécurité. L’AGC affirme avoir engagé des séances de formation et de sensibilisation au Code de la route pour ses membres.
La sécurité devient ainsi une responsabilité collective. L’association entend sensibiliser ses conducteurs aux comportements à risque et travailler avec l’administration lorsque des manquements sont constatés. Le président dit privilégier la sensibilisation avant la sanction, avec l’objectif d’assainir progressivement le secteur.
Reste également à construire une autre forme de discipline, interne celle-là. Ernest Zerbo Nyoma promet un climat social plus apaisé et équitable. Les règles, affirme-t-il, devront s’appliquer à tous, sans favoritisme ni excès de pouvoir.
Le nouveau président veut surtout éviter que son élection soit réduite à un changement de personne. Il présente son mandat comme une œuvre collective. Chacun des membres doit pouvoir apporter ses idées, son énergie et sa contribution aux projets annoncés.
« Aucune vision ne se réalise seul », rappelle-t-il devant l’assemblée.
La phrase prend une résonance particulière dans cette association née de la proximité entre chauffeurs et professionnels des engins lourds. Pendant longtemps, le lien entre les membres a reposé sur la solidarité du groupe. Désormais, cette solidarité doit se transformer en organisation, en formation et en projets.
À la fin de la cérémonie, Ernest Zerbo Nyoma lance son mot de ralliement : « AGC ! ». Les membres répondent : « Solidarité ! ».
Le geste est symbolique. Mais derrière le rituel, le nouveau président sait que le plus difficile commence après les applaudissements. Il lui faudra transformer les engagements annoncés en résultats mesurables : un cadre mieux organisé, des jeunes formés, des professionnels mieux reconnus, des pratiques plus sûres et une association capable de dialoguer avec les institutions.
Le 28 septembre, Ernest Zerbo Nyoma a reçu les clés symboliques d’une organisation qui veut grandir. Reste désormais à savoir jusqu’où ce nouveau volant permettra au Groupe Caterpillar de Yaoundé d’aller.