Du 30 septembre au 2 octobre 2026, le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé accueille une formation consacrée à l’endoscopie digestive interventionnelle. Portée par la SCGE et la SAHGE, sous le parrainage du ministère de la Santé publique, cette rencontre associe enseignement, simulation et exercices pratiques afin de renforcer les capacités des professionnels appelés à prendre en charge les pathologies digestives.
Dès les premières séances, les salles de formation ont pris l’allure d’un espace d’apprentissage où la théorie cède rapidement la place au geste. Autour des équipements spécialisés, les participants observent les démonstrations, manipulent les instruments et confrontent leurs pratiques aux recommandations des formateurs. L’objectif est moins d’accumuler des connaissances que de transformer celles-ci en automatismes utilisables dans les conditions réelles de soins.
Le programme commence par un volet destiné aux personnels paramédicaux. Les enseignements portent notamment sur la préparation du patient, son positionnement, les prélèvements par biopsie ainsi que la gestion des dispositifs nécessaires aux interventions. Une attention particulière est accordée à l’entretien, au nettoyage et à la manipulation des endoscopes, autant d’étapes qui conditionnent la sécurité des procédures et la qualité du parcours de prise en charge.
La sédation constitue un autre axe majeur de cet apprentissage. Les participants travaillent sur la surveillance du patient, la gestion des voies aériennes et la coordination entre l’assistant et l’anesthésiste. Des simulations sur mannequins permettent de reproduire différentes situations, notamment des épisodes de détresse respiratoire. Cette approche place les professionnels face à des scénarios où la rapidité de réaction doit s’appuyer sur des procédures maîtrisées.
Le deuxième volet s’intéresse aux examens de prévention et de dépistage, avec un parcours baptisé « Gastro Junior ». Les médecins y développent les bases nécessaires aux explorations diagnostiques et à certaines interventions simples. Sur simulateurs, ils s’exercent à l’intubation et à l’exploration des voies digestives hautes par œsogastroduodénoscopie, ainsi qu’à la réalisation d’examens du côlon. La simulation offre ici un cadre permettant de répéter les gestes avant leur application auprès des patients.
Les ateliers abordent également la réalisation des biopsies et la polypectomie de petites lésions. D’autres exercices sont consacrés à la prise en charge de situations urgentes, comme l’extraction d’un corps étranger ou l’hémostase élémentaire par injection et pose de clips. Des cas cliniques simulés complètent ce dispositif, avec des scénarios plus complexes destinés à faire travailler simultanément l’analyse, la décision et l’exécution technique.
Le troisième temps du programme monte d’un cran avec le parcours « Gastro Senior », consacré aux techniques thérapeutiques avancées. Les participants abordent la polypectomie complexe, la mucosectomie et la dilatation des sténoses. La formation s’étend également à certaines techniques de proctologie et au traitement de lésions complexes, avec une introduction à la dissection sous-muqueuse. L’enjeu est de familiariser les praticiens avec des procédures qui exigent précision et coordination.
La gestion des complications occupe enfin une place centrale dans ces exercices avancés. Les participants sont confrontés à des modèles précliniques reproduisant notamment des situations de perforation et des complications sévères. Des discussions de cas permettent ensuite de confronter les stratégies thérapeutiques et de rechercher collectivement les réponses adaptées. La dernière étape du workshop associe ainsi pratique, analyse et évaluation des acquis.
Derrière cette architecture pédagogique se dessine une ambition plus large : réduire la distance entre l’innovation médicale et son accès effectif au Cameroun.
En renforçant les compétences sur place, les organisateurs entendent contribuer au développement d’une offre spécialisée capable de répondre davantage aux besoins des patients. Pour les professionnels engagés dans cette démarche, chaque geste appris constitue une possibilité supplémentaire de diagnostiquer, traiter et suivre une pathologie sans que le recours à des soins extérieurs devienne systématique.
Le dispositif bénéficie par ailleurs de l’accompagnement d’ACTIVA Assurances, qui s’inscrit comme partenaire de cette initiative scientifique. L’assureur met en avant son engagement en faveur du renforcement durable des capacités médicales et d’un accès élargi à des soins de qualité. Cette présence traduit aussi une volonté de rapprocher les acteurs de la couverture sanitaire des initiatives destinées à améliorer concrètement la prise en charge des patients.
Au fil des ateliers, l’endoscopie digestive apparaît ainsi moins comme une simple discipline technique que comme un maillon d’une chaîne de soins en pleine évolution. La maîtrise des équipements, la sécurité du patient, la coopération entre spécialistes et la capacité à répondre aux complications sont travaillées conjointement. À travers cette immersion, les participants cherchent surtout à faire du savoir acquis un outil directement mobilisable au service des patients.









