La Digital Generation Academy lance un programme de formation professionnelle destiné à 100 jeunes bénéficiaires. Portée par son directeur général, Rodges Dikonc Zangue Tokam, l’initiative mise sur les métiers du numérique et les compétences émergentes pour favoriser l’insertion professionnelle dans un contexte de chômage persistant.
À Yaoundé, où la croissance urbaine s’accompagne d’une pression sociale croissante sur le marché de l’emploi, la question de l’insertion des jeunes demeure centrale. Entre diplômés en attente d’opportunités et économie en mutation rapide, les dispositifs de formation apparaissent de plus en plus comme des réponses intermédiaires, censées combler l’écart entre l’école et l’entreprise. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’initiative portée par la Digital Generation Academy.
L’établissement de formation professionnelle, la Digital Generation Academy, annonce l’ouverture de 100 bourses destinées à des jeunes désireux de se former aux métiers du numérique et des services associés. L’objectif affiché est de renforcer l’accès à des compétences jugées stratégiques dans une économie de plus en plus structurée par la digitalisation des activités. Le programme est porté par son promoteur et directeur général, Rodges Dikonc Zangue Tokam, qui défend une approche axée sur la professionnalisation rapide et l’adéquation formation-emploi.
Dans un contexte national marqué par la persistance du chômage des jeunes, les autorités publiques encouragent également le développement de dispositifs de formation plus opérationnels, en lien avec les besoins du marché. Le programme s’inscrit ainsi, de manière indirecte, dans les orientations du MINFOP, qui promeut depuis plusieurs années le renforcement des compétences techniques et professionnelles.
Les filières proposées couvrent plusieurs domaines en forte expansion. Sont notamment concernés le développement web, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la comptabilité informatisée, le secrétariat bureautique, l’infographie et le marketing digital. Ces secteurs, portés par la transformation numérique des entreprises, sont présentés comme des leviers d’employabilité rapide. L’ambition est de former des profils directement opérationnels, capables de s’intégrer dans des structures existantes ou de développer des initiatives entrepreneuriales.
Le dispositif pédagogique repose sur une approche hybride. Les apprenants suivent des enseignements théoriques, complétés par des travaux pratiques réguliers et des immersions en entreprise. Cette articulation entre savoir académique et expérience de terrain vise à réduire le décalage souvent observé entre formation et réalité professionnelle. À l’issue du parcours, des certifications reconnues telles que l’AQP, le DQP ou le CQP sont délivrées, attestant des compétences acquises et facilitant l’accès au marché du travail.
Au-delà de l’aspect académique, la dimension sociale constitue un élément central du projet. Le coût réel de la formation, estimé à 425 000 FCFA, est fortement subventionné afin de rendre le programme accessible. La contribution demandée aux bénéficiaires est fixée à 50 000 FCFA, une réduction significative destinée à ouvrir l’accès à des jeunes issus de différents milieux sociaux. Cette politique tarifaire est présentée comme un levier d’équité et d’inclusion dans un contexte où le coût de la formation demeure un frein majeur.
Les candidatures sont ouvertes à Yaoundé, au secrétariat général de la Digital Generation Academy, situé à Montée Science, dans le quartier d’Etoug-Ebé. Les dossiers doivent comprendre une lettre de motivation, une copie de la pièce d’identité, un justificatif de diplôme ainsi que des photos d’identité. La date limite de dépôt est fixée au 21 août 2026, marquant l’entrée dans la phase de sélection et de mise en œuvre du programme.
Au-delà de l’annonce, cette initiative s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de la formation professionnelle dans les stratégies d’insertion. Elle met en lumière la volonté de certains acteurs privés de participer à la réponse au chômage des jeunes, en misant sur des secteurs jugés porteurs. Dans un environnement où les trajectoires professionnelles deviennent de plus en plus incertaines, la formation apparaît ainsi comme un point d’appui, une tentative de structurer des parcours là où les lignes de l’emploi restent mouvantes.
En filigrane, le projet porté par Rodges Dikonc Zangue Tokam traduit une ambition plus large : celle de faire de la compétence un outil d’autonomisation économique. Entre promesse d’insertion et réalité du marché, l’initiative s’inscrit dans une tension constante, mais ouvre une perspective où la jeunesse n’est plus seulement spectatrice des transformations en cours, mais potentiellement actrice de sa propre trajectoire.



