Avec « Banque sans stress », Rose Simone Manguelle s’attaque à l’un des paradoxes qui freinent encore la croissance des petites et moyennes entreprises africaines : des entrepreneurs actifs, parfois prospères, mais souvent invisibles aux yeux du système financier. À travers son ouvrage et une conférence-débat prévue à Yaoundé, l’experte propose de réinventer le lien entre banques et entrepreneurs.
Dans de nombreux pays africains, la scène est devenue familière. Des commerçants réalisent d’importants chiffres d’affaires, développent leurs activités, investissent dans l’immobilier ou renforcent leurs marchés, mais se retrouvent démunis lorsqu’ils sollicitent un accompagnement financier auprès d’une banque. Le problème n’est pas toujours la performance économique. Il réside souvent dans l’absence de traces capables de traduire cette réussite dans les standards attendus par les établissements financiers.
C’est cette fracture silencieuse que Rose Simone Manguelle analyse dans « Banque sans stress ». Forte d’une expérience de plusieurs années dans le secteur bancaire, dont des fonctions de direction d’agence, elle décrypte les mécanismes qui déterminent l’accès au crédit et invite les entrepreneurs à mieux comprendre les attentes des institutions financières.
Pour l’auteure, l’argent généré par une activité ne suffit pas toujours à convaincre une banque. La capacité à démontrer la régularité des revenus, la maîtrise de la gestion financière et l’existence d’un historique fiable constituent des éléments décisifs dans l’étude d’un dossier. Une réalité qui explique pourquoi certains entrepreneurs, pourtant économiquement actifs, peinent à obtenir les financements nécessaires à leur expansion.
À travers son livre, Rose Simone Manguelle entend transformer la relation parfois conflictuelle entre banques et entrepreneurs en une alliance stratégique. Elle y expose les pratiques permettant de renforcer une crédibilité financière, de mieux préparer une demande de crédit et d’éviter les erreurs qui fragilisent les entreprises.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’accès au financement demeure l’un des principaux défis du développement entrepreneurial en Afrique. Beaucoup de porteurs de projets disposent d’idées, de marchés et d’une capacité opérationnelle, mais manquent encore des outils nécessaires pour dialoguer efficacement avec les acteurs financiers.

La conférence-débat organisée autour de l’ouvrage ambitionne de poser un regard sans détour sur cette problématique. Sous le thème « Banques et entrepreneurs : pourquoi ils ont besoin l’un de l’autre… mais ne se comprennent presque jamais ? », les échanges réuniront différents profils afin de croiser les expériences et de proposer de nouvelles pistes de collaboration.
Rose Simone Manguelle, directrice générale de M2FINANCES et consultante senior en banques, finances et management stratégique, expliquera comment un entrepreneur peut renforcer son attractivité auprès des financeurs. Flore Ongolo, directrice générale d’Optimum Finances S.A. et préfacière de l’ouvrage, analysera les raisons qui conduisent les banques à accepter ou à rejeter certaines demandes de financement.
Le regard des entrepreneurs sera porté par Manuela Essomba (Njangwo), CEO de Cuisine de Nounou, qui partagera les réalités vécues par les dirigeants confrontés aux exigences du système bancaire. Une confrontation d’expériences destinée à rapprocher deux univers qui se côtoient souvent sans réellement se comprendre.
Au-delà de la présentation d’un ouvrage, « Banque sans stress » se veut ainsi un outil pédagogique destiné à favoriser une culture financière plus solide chez les entrepreneurs. L’objectif affiché : permettre aux acteurs économiques de ne plus subir la relation bancaire, mais d’en faire un véritable instrument de croissance.
Prévue le mardi 11 août 2026 à partir de 16 heures dans la salle de conférence du MINPOSTEL à Yaoundé, la rencontre sera clôturée par une séance de dédicace permettant au public d’échanger avec l’auteure autour des enjeux du financement et du développement des entreprises.
