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Au cours d’une conférence de presse tenue à Yaoundé, le président national du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih, a dressé un réquisitoire contre la gouvernance actuelle, plaidant pour une mobilisation citoyenne autour des prochaines échéances électorales et d’un règlement politique de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Face aux journalistes, Joshua Osih a choisi un ton offensif pour présenter la lecture que son parti fait de la situation nationale. Le président du SDF estime que le Cameroun traverse une période d’incertitude institutionnelle marquée, selon lui, par un affaiblissement du fonctionnement de l’État et une absence de réponses suffisantes aux préoccupations quotidiennes des populations.
Le dirigeant politique a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une accumulation de difficultés sociales et économiques. La hausse du coût de la vie, les tensions sur l’emploi des jeunes, les engagements financiers non exécutés et la dégradation du tissu social figurent parmi les principaux griefs évoqués. Pour lui, ces problèmes traduisent une gouvernance qui peine à répondre aux attentes des citoyens.
Joshua Osih est également revenu sur l’action récente de sa formation politique, présentée comme une organisation en phase de mobilisation. Il a rappelé plusieurs moments symboliques ayant marqué la vie interne du parti, notamment la célébration de son héritage historique à Bamenda et l’hommage rendu à son fondateur, Ni John Fru Ndi. « Il ne nous a pas laissé un héritage à consommer, il nous a laissé un chantier à achever », a-t-il déclaré, appelant les militants à poursuivre cette dynamique.
Sur le terrain parlementaire, le président du SDF a revendiqué plusieurs initiatives portées par les élus de son parti. Il a cité notamment la question adressée au gouvernement sur la gestion des ressources minières, particulièrement l’or, estimant que cette démarche a contribué à l’ouverture d’investigations. Il a réclamé davantage de transparence dans la publication des données relatives aux recettes publiques, fiscales, pétrolières et minières.
Le responsable politique a aussi évoqué cinq propositions de loi déposées par les députés SDF. Ces textes portent notamment sur la lutte contre les violences faites aux femmes, la protection des enfants, la cohésion nationale, la déclaration des biens des responsables publics ainsi que la reconnaissance historique de certains crimes liés à la traite négrière, à l’esclavage et à la colonisation. Selon lui, ces initiatives visent à répondre à des enjeux majeurs de société.
Joshua Osih a critiqué le refus, attribué à la majorité parlementaire, d’inscrire ces propositions à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée nationale. Il estime que ce blocage prive le pays d’un débat nécessaire sur des sujets sensibles. Le président du SDF a également défendu une autre conception de la vice-présidence de la République, fondée sur une élection au suffrage universel dans un même ticket présidentiel.
À l’approche des élections législatives et municipales annoncées pour 2027, le SDF a lancé un avertissement contre toute modification du calendrier électoral. Joshua Osih considère qu’un nouveau report constituerait une atteinte à la souveraineté populaire. Il a appelé les formations de l’opposition à s’accorder sur la nécessité de maintenir les échéances prévues et de garantir un processus transparent.
La crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a occupé une place centrale dans son intervention. Dix ans après le début des violences, le président du SDF parle d’un conflit qui a provoqué des pertes humaines considérables, des déplacements massifs de populations et une profonde fragilisation économique. Il affirme qu’aucune partie ne peut sortir victorieuse d’une guerre qui, selon lui, a surtout produit des souffrances.
Pour sortir de cette situation, Joshua Osih a réaffirmé le plan de sortie de crise présenté par son parti, articulé autour de trois étapes : la désescalade, la reconstruction de la confiance et la relance économique. Parmi les mesures proposées figurent un dialogue inclusif, la réouverture sécurisée des établissements scolaires, la réhabilitation des infrastructures détruites et un mécanisme de réconciliation nationale.
Le président du SDF a enfin appelé les citoyens à s’inscrire massivement sur les listes électorales avant la clôture du fichier. Pour lui, l’engagement politique passe par la participation aux scrutins et par une implication directe dans la gestion locale. Il a invité les compétences issues des différentes régions du pays et de la diaspora à rejoindre son parti afin de porter, dit-il, un projet de transformation nationale.
Dans son message final, Joshua Osih a demandé au gouvernement d’apporter davantage d’informations sur la continuité de l’État et a renouvelé son appel à la libération des prisonniers politiques. « Le pouvoir appartient au peuple », a-t-il conclu, reprenant le slogan « Power to the People » qui accompagne la stratégie de mobilisation du SDF.
