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La JEC Cameroun célèbre 72 ans d’engagement et veut renouer avec son ambition de transformation sociale

Sous le parrainage du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, la Jeunesse Étudiante Chrétienne du Cameroun prépare une célébration placée sous le signe de la transmission, de la citoyenneté et du renouveau. À travers cette commémoration, le mouvement entend revisiter son héritage et mobiliser ses forces vives pour répondre aux défis contemporains.

La Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC) du Cameroun s’apprête à tourner une nouvelle page de son histoire. Plus de sept décennies après son implantation sur le territoire national, le mouvement catholique entend faire de cet anniversaire un moment de réflexion sur son parcours, mais également une occasion de repenser son rôle dans une société en profonde mutation. La célébration annoncée ne se limite pas à un regard nostalgique sur le passé : elle ambitionne de replacer l’engagement des jeunes et des anciens militants au cœur des enjeux nationaux.


Depuis sa création au Cameroun au cours de l’année scolaire 1953-1954 au collège Libermann de Douala, la JEC a accompagné plusieurs générations d’élèves et d’étudiants dans leur formation humaine, spirituelle et citoyenne. Au fil des décennies, le mouvement s’est imposé comme un espace d’apprentissage de la responsabilité collective, où la foi, la réflexion et l’action sociale se rencontrent autour d’une même exigence : faire émerger des femmes et des hommes capables de contribuer au bien commun.


Cette trajectoire historique trouve ses racines dans une dynamique internationale née au début du XXᵉ siècle. Issue des mouvements d’Action catholique spécialisée inspirés notamment par le cardinal Joseph Cardijn, la JEC internationale s’est développée avec l’ambition de donner aux jeunes un rôle actif dans la transformation de leur environnement. Après la Seconde Guerre mondiale, son organisation mondiale s’est structurée autour de la promotion de la paix, de la justice et de la liberté, faisant de l’étudiant un acteur engagé dans les grandes questions de son époque.


Au Cameroun, le mouvement a longtemps constitué un laboratoire de formation des consciences. Dans les établissements scolaires et universitaires, il a développé une méthode fondée sur l’observation des réalités, leur analyse et la recherche d’actions concrètes. Cette pédagogie, connue sous l’approche du « voir-juger-agir », a permis à de nombreux jeunes de mieux comprendre les défis sociaux qui les entouraient et de s’impliquer dans leur résolution.


Mais l’organisation doit aujourd’hui faire face à plusieurs fragilités. La diminution du nombre de militants, la perte d’influence dans certains espaces éducatifs et la réduction de sa présence territoriale interrogent son avenir. Dans un contexte où les jeunes sont confrontés au chômage, au décrochage scolaire, aux violences sociales et aux bouleversements provoqués par les nouvelles technologies, la JEC cherche les moyens de retrouver une capacité d’action à la hauteur de son héritage.


C’est dans cette perspective que le Réseau des Anciens Jécistes du Cameroun (RAJEC) entend jouer un rôle déterminant. Créée pour permettre aux anciens membres de poursuivre leur engagement dans leur vie professionnelle et sociale, cette structure souhaite rassembler une génération de cadres, d’entrepreneurs et de responsables issus du mouvement afin de soutenir son redéploiement. Son ambition est de transformer l’expérience accumulée par les anciens militants en une force de proposition au service de la jeunesse.
Reconnu par l’Église catholique comme Mouvement d’Action Catholique, le RAJEC s’inscrit désormais dans une logique de consolidation institutionnelle. À travers ses différentes initiatives, notamment la mise en place de structures comme la Mutuelle des Anciens Jécistes, la Société Immobilière des Semeurs Investisseurs et la Coopérative des Anciens Jécistes, le réseau cherche à développer des outils capables de renforcer la solidarité entre ses membres et de soutenir des projets économiques et sociaux.
La rencontre accordée par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, aux représentants de la JEC et du RAJEC marque une étape importante dans cette dynamique. Les échanges ont permis d’aborder les perspectives liées à la célébration anniversaire, mais aussi la place que peuvent occuper les mouvements de jeunesse dans les politiques d’insertion professionnelle, de citoyenneté et de cohésion sociale.
À travers cette reconnaissance institutionnelle, la JEC souhaite également raviver le dialogue entre les organisations de jeunesse, les pouvoirs publics et les acteurs privés. Face aux transformations rapides de la société camerounaise, le mouvement estime que la formation des consciences demeure un levier essentiel pour préparer une génération capable d’affronter les défis économiques, sociaux et éthiques.
La célébration des 72 ans apparaît ainsi comme un rendez-vous avec l’histoire, mais surtout comme une invitation à se projeter vers l’avenir. Entre fidélité aux valeurs fondatrices et nécessité d’adaptation, la JEC Cameroun veut retrouver une place centrale dans l’accompagnement des jeunes et dans la construction d’une société davantage tournée vers la solidarité, la responsabilité et l’engagement collectif.