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Examen d’aptitude au stage d’Avocat au Cameroun : entre contentieux des licences professionnelles et répression de la fraude, le Barreau défend la légalité du processus

Face aux controverses suscitées par le rejet de plusieurs candidatures et les cas de tricherie enregistrés lors de l’Examen d’aptitude au stage d’Avocat, le Bâtonnier de l’Ordre national des avocats au Barreau du Cameroun a apporté des clarifications au cours d’un point de presse à Yaoundé. L’institution entend réaffirmer le respect des exigences académiques prévues par les textes, tout en rappelant les impératifs d’éthique et de probité qui gouvernent l’accès à la profession d’avocat.
La récente session de l’Examen d’aptitude au stage d’Avocat au Cameroun s’est déroulée dans un contexte marqué à la fois par des contestations juridiques relatives aux conditions d’admissibilité et par des incidents disciplinaires liés à des actes de fraude. Devant la presse, le Bâtonnier Me Mbah Eric Mbah a tenu à présenter la position officielle du Barreau sur ces différentes préoccupations ayant alimenté le débat public autour de cette étape déterminante dans l’accès à la profession d’avocat.
L’une des principales difficultés soulevées concerne la recevabilité des diplômes produits par certains candidats. Plusieurs postulants titulaires de licences professionnelles en droit ont vu leurs dossiers rejetés, la réglementation applicable exigeant exclusivement une licence académique en droit. Cette situation a donné lieu à diverses contestations, certains candidats estimant avoir subi une forme de discrimination, tandis que d’autres ont engagé des procédures judiciaires contre cette décision administrative. En réponse, le Barreau soutient que l’application des textes s’est effectuée dans le strict respect du cadre normatif régissant la profession. Le Bâtonnier a rappelé que les dispositions encadrant l’accès au stage d’avocat remontent à 1990 et consacrent la licence académique comme condition substantielle d’éligibilité.
Au-delà de la question des titres universitaires, le point de presse a largement porté sur les atteintes constatées au principe d’intégrité des examens. Selon les explications fournies par le Barreau, des faits de tricherie ont été relevés dans une salle de composition avec la complicité présumée d’un surveillant. Le grand jury a alors décidé d’annuler une épreuve pour l’ensemble des candidats présents dans cette salle, à l’exception du candidat ayant dénoncé les irrégularités. Cette sanction collective, justifiée par le principe de préservation de l’équité entre candidats, s’inscrit dans une logique de protection de la crédibilité de l’examen.
Le surveillant incriminé aurait, d’après les déclarations du Bâtonnier, facilité les communications frauduleuses en alertant les candidats lors des contrôles et en mettant à leur disposition une connexion internet destinée à favoriser la tricherie. Une procédure judiciaire a été engagée à son encontre et celui-ci se trouve désormais entre les mains des services de police. Le Barreau considère que de tels agissements constituent une atteinte grave à la déontologie et à l’éthique qui doivent entourer l’accès à une profession investie d’une mission essentielle dans l’administration de la justice.
L’Ordre des avocats est également revenu sur le climat particulier entourant l’attente des résultats. Deux promotions coexistent actuellement : celle des avocats stagiaires de 2024 et celle des candidats ayant récemment pris part à l’examen d’aptitude. Cette superposition des cohortes alimente les inquiétudes de nombreux jeunes juristes confrontés à l’allongement des délais d’intégration professionnelle. Pour le Bâtonnier, la régularité dans l’organisation de ce concours apparaît désormais comme une nécessité institutionnelle afin d’éviter une déperdition des compétences nationales et le départ de nombreux étudiants vers des formations étrangères.
Le point de presse a enfin permis de revenir sur le communiqué signé par le Bâtonnier au sujet des lettres de parrainage exigées dans le cadre du stage. Réagissant à certaines initiatives diffusées sur les réseaux sociaux, le Barreau a rappelé que le parrainage ne saurait être assimilé à une simple formalité administrative, mais constitue un engagement professionnel et moral entre un avocat expérimenté et un futur stagiaire. L’institution a également appelé à dénoncer les comportements incompatibles avec l’exercice de la profession, tout en avertissant que les manquements aux règles déontologiques exposeraient leurs auteurs à des poursuites disciplinaires.
À travers cette communication officielle, le Barreau du Cameroun cherche à préserver l’autorité des textes, la transparence du processus de sélection et la dignité d’une profession dont l’exercice repose sur la compétence, la probité et le respect des principes fondamentaux du droit.

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