Présidente du Réseau des Femmes Actives d’Afrique Centrale (REFAC), Danielle Nlate porte depuis plusieurs années une vision d’une sous-région plus solidaire, où les femmes et les jeunes occupent une place centrale dans les dynamiques économiques et sociales. À travers la Foire Transfrontalière Annuelle d’Afrique Centrale (FOTRAC), dont la 17ᵉ édition est annoncée à Yaoundé, elle poursuit un combat pour une intégration régionale plus concrète et inclusive.
Dans le paysage de l’engagement citoyen en Afrique centrale, son nom résonne comme celui d’une bâtisseuse. Jeanne Danielle Nicole Nlate, présidente du Réseau des Femmes Actives d’Afrique Centrale (REFAC), a choisi depuis plusieurs années de placer son énergie au service d’une ambition : rapprocher les peuples, renforcer les échanges et donner aux acteurs locaux les moyens de participer pleinement au développement de leur espace communautaire.
Son parcours est celui d’une femme de terrain, engagée dans la défense des droits humains et dans l’accompagnement des couches sociales vulnérables. À travers ses actions, elle met particulièrement l’accent sur l’autonomisation économique des femmes, considérant que leur indépendance financière constitue un outil majeur de prévention des tensions sociales et de consolidation de la paix. Pour elle, former, sensibiliser et créer des opportunités représentent des leviers essentiels pour transformer durablement les communautés.
Depuis sa création, le REFAC s’est imposé comme une plateforme de valorisation des initiatives féminines en Afrique centrale. Le réseau rassemble des entrepreneures, des responsables de petites et moyennes entreprises ainsi que des actrices engagées dans différents secteurs d’activité. Il leur offre un espace d’expression, de promotion de leurs produits et de construction de partenariats capables de stimuler les échanges économiques au-delà des frontières nationales.
Cette conviction a conduit Danielle Nlate à porter la question de l’entrepreneuriat féminin dans plusieurs rencontres continentales. Lors de la deuxième édition du Salon de l’entrepreneuriat féminin (SANEF), organisée à Bangui en mars 2025, elle avait défendu l’idée selon laquelle l’accès des femmes aux activités génératrices de revenus participe directement à la stabilité des sociétés africaines. Une approche qui rejoint son combat permanent pour faire de la femme un acteur incontournable des transformations économiques.
Son engagement dépasse toutefois le cadre entrepreneurial. Vice-présidente de la Coalition des organisations de la société civile d’Afrique centrale, elle a participé en 2023 à une rencontre du Conseil de sécurité des Nations unies avec le Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). À cette occasion, elle a porté la voix de la société civile régionale sur plusieurs problématiques majeures : la prévention des conflits, la consolidation de la paix, la sécurité collective et la promotion d’un développement durable.
Représentante des femmes du Cameroun au sein du comité de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Danielle Nlate contribue également aux réflexions sur l’intégration économique du continent. Sa participation à des rencontres internationales, notamment à la conférence de Dar es Salam en 2022, illustre sa volonté de faire entendre les préoccupations des populations d’Afrique centrale dans les grands espaces de décision.
Son itinéraire personnel témoigne d’une ouverture sur le monde. Après ses études secondaires au Lycée Joss de Douala, elle poursuit sa formation à l’Université de Yaoundé avant de compléter son parcours en France à l’École Parisienne d’Hôtesses, de Tourisme, de Communication et des Arts de Paris (EPH). Sa formation en marketing vient renforcer son profil de communicatrice et de promotrice d’initiatives au service du développement régional.
À la tête du REFAC depuis octobre 2007, elle a progressivement construit une organisation tournée vers la défense des droits, la création d’opportunités et le renforcement du rôle de la société civile. Son action s’inscrit dans une démarche de plaidoyer auprès des institutions afin que les femmes et les jeunes soient davantage associés aux décisions qui façonnent l’avenir de l’Afrique centrale.
La Foire Transfrontalière Annuelle d’Afrique Centrale (FOTRAC) constitue l’une des expressions majeures de cette vision. Portée par le REFAC, cette initiative ambitionne de rapprocher les communautés, de stimuler les échanges commerciaux et de faire des zones frontalières des espaces de coopération plutôt que de séparation. Au fil des éditions, la manifestation est devenue un rendez-vous consacré à la promotion des savoir-faire, des produits locaux et des opportunités économiques.
Pour Danielle Nlate, les frontières ne doivent plus être perçues comme des barrières, mais comme des zones de rencontre et de croissance. Elle attire notamment l’attention sur la situation des femmes commerçantes qui parcourent quotidiennement plusieurs territoires pour développer leurs activités. Selon elle, ces actrices économiques méritent un environnement plus favorable, débarrassé des obstacles administratifs et des pratiques qui ralentissent la circulation des biens et des personnes.
À travers la FOTRAC, elle plaide également pour une meilleure articulation entre les institutions régionales, les gouvernements et les populations. Son ambition rejoint les réflexions actuelles autour du rapprochement entre les espaces communautaires d’Afrique centrale, avec l’objectif de bâtir une dynamique régionale plus forte où la société civile, les femmes et les jeunes auront une place déterminante.
Alors que les préparatifs de la prochaine édition mobilisent ses équipes et ses partenaires, Danielle Nlate poursuit son œuvre avec la même détermination. Celle d’une femme convaincue que l’intégration africaine ne se décrète pas uniquement dans les bureaux institutionnels, mais se construit aussi dans les marchés, les entreprises, les associations et au cœur des communautés.
