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« Le Bal des vampires », le roman d’Émile Kwengueng qui interroge les failles de la justice

Le juriste et défenseur des droits humains Émile Kwengueng présente Le Bal des vampires : vérités sur l’affaire Mu-Yenga, une œuvre de fiction inspirée de faits réels qui explore les rapports entre justice, pouvoir et droits de la défense. Une rencontre dédicace est annoncée le jeudi 29 octobre 2026 à l’Église évangélique du Cameroun, au carrefour Vallée Nlongkak, à Yaoundé.

Le procès comme point de départ d’une réflexion sur le droit

Que reste-t-il de la justice lorsque les garanties d’un procès équitable semblent s’effacer devant les rapports de force ? C’est l’une des questions au cœur du roman d’Émile Kwengueng. À travers le personnage de Mu-Yenga, l’auteur construit le récit d’un homme pris dans les rouages d’une procédure pénale dont les contradictions bouleversent durablement l’existence.
L’intrigue se déroule dans le Royaume de l’oncle K, un territoire imaginaire où les décisions judiciaires paraissent parfois répondre à des logiques qui dépassent la seule appréciation des faits. Le parcours du protagoniste, marqué par des accusations contestées et des verdicts successifs, sert de support à une interrogation sur la place du droit dans les sociétés où l’exercice du pouvoir peut peser sur le cours de la justice.

Une condamnation, puis une autre : le poids des contradictions

Le destin de Mu-Yenga est jalonné de décisions dont l’écart constitue l’un des ressorts majeurs du récit. Condamné une première fois à trente années d’emprisonnement, il se voit ensuite infliger la peine capitale pour les mêmes accusations. Cette succession de verdicts conduit le lecteur à s’interroger sur les conditions dans lesquelles une décision judiciaire est élaborée, ainsi que sur les garanties censées encadrer l’action des juridictions.
À travers cette trajectoire, l’auteur met en scène les conséquences possibles d’une défense absente, de preuves contestées et de procédures dont la régularité est mise en doute. Le roman ne se présente pas comme une expertise juridique, mais comme une exploration littéraire des fragilités susceptibles d’affecter l’institution judiciaire. Il invite notamment à réfléchir à la capacité du droit à protéger un justiciable lorsque celui-ci se retrouve seul face à une accusation.

La liberté retrouvée ne clôt pas le débat

La grâce qui intervient dans le parcours de Mu-Yenga introduit une distinction essentielle entre la libération d’un détenu et la reconnaissance d’une éventuelle injustice. Sortir de prison ne signifie pas nécessairement obtenir une réhabilitation, ni voir les irrégularités alléguées examinées et corrigées. Cette différence nourrit la réflexion proposée par l’ouvrage sur les limites de la clémence lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’un examen des conditions ayant conduit à la condamnation.
Le récit s’intéresse également aux répercussions humaines d’une longue détention. Derrière les dates, les audiences et les décisions consignées dans les dossiers, il y a l’attente, l’incertitude et les conséquences de l’enfermement sur les proches. La fiction permet ainsi de donner une place à des expériences intimes que les documents judiciaires, par leur nature même, ne restituent que difficilement.

La littérature au-delà des pièces judiciaires

En choisissant le roman plutôt que l’essai doctrinal, Émile Kwengueng explore un espace où les émotions, les silences et les dilemmes individuels peuvent compléter la lecture des mécanismes juridiques. Le Bal des vampires ne prétend pas remplacer les enquêtes ni établir, à lui seul, la réalité de faits judiciaires. Il propose plutôt une mise en récit des interrogations que suscitent les dysfonctionnements allégués et les conséquences d’une justice privée de certaines de ses garanties fondamentales.
Cette démarche s’adresse aussi bien aux professionnels du droit qu’aux lecteurs intéressés par les questions de liberté individuelle et d’équité. Avocats, magistrats et défenseurs des droits humains pourront notamment y trouver matière à réflexion sur la portée du droit à la défense et sur la responsabilité des institutions dans la protection des justiciables.
La rencontre dédicace annoncée à Yaoundé prolongera cette réflexion autour de l’auteur et de son livre. Disponible à la librairie des Peuples Noirs au prix de 10 000 francs CFA, l’ouvrage est également annoncé prochainement sur Amazon. Au-delà du destin de Mu-Yenga, il pose une question qui dépasse les frontières du royaume fictif : comment préserver la confiance dans la justice lorsque la cohérence des décisions et le respect des droits fondamentaux sont mis en cause ?