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À l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), Tchago François Edmond a soutenu une thèse de Doctorat/PhD en Biologie Clinique, option Immunologie, consacrée à la schistosomiase génitale féminine à Schistosoma haematobium. Ses travaux, menés dans deux foyers actifs du Cameroun, Loum et Matta Barrage, explorent les mécanismes immunitaires impliqués dans cette pathologie tropicale négligée et ouvrent de nouvelles perspectives pour la recherche biomédicale nationale.
Dans l’univers encore largement méconnu des maladies tropicales négligées, la schistosomiase occupe une place particulière. Longtemps reléguée au second plan des priorités sanitaires, cette infection parasitaire continue pourtant de représenter un défi majeur, notamment en raison des transformations environnementales favorisant la modification des écosystèmes aquatiques et l’évolution des zones d’exposition.
C’est dans ce contexte que Tchago François Edmond a choisi d’orienter ses travaux vers une forme spécifique de cette affection : la schistosomiase génitale féminine. Sa recherche s’est attachée à comprendre les interactions complexes entre le parasite et le système immunitaire humain, à travers l’étude de plusieurs biomarqueurs capables de renseigner sur les réponses biologiques développées par l’organisme face à l’infection.
Devant un jury présidé par le Pr Véronique Penlap-Beng de la Faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé I, le candidat a présenté une démarche scientifique saluée pour sa rigueur et son originalité. Le comité d’évaluation, composé notamment du Pr Rosette Megnekou, directrice de thèse, du Dr Albert Bayibeki, co-directeur de thèse, ainsi que des examinateurs issus du Centre Pasteur du Cameroun, de l’OCEAC et des universités camerounaises, a reconnu la qualité du travail accompli.
Les membres du jury ont relevé la pertinence d’une étude qui s’inscrit au croisement de l’immunologie, de la biologie clinique et de la santé publique. Ils ont souligné la capacité du candidat à analyser les stratégies développées par le parasite pour influencer les mécanismes de défense de l’hôte. Cette aptitude d’adaptation, décrite comme une véritable « intelligence parasitaire », constitue l’un des aspects fascinants de la relation entre Schistosoma haematobium et le système immunitaire.
Au-delà de l’infection parasitaire elle-même, les recherches menées prennent en compte les interactions possibles avec d’autres problématiques sanitaires présentes dans les mêmes communautés, notamment le paludisme, certaines infections bactériennes des voies génitales ou encore les infections liées au papillomavirus humain. Une approche qui met en lumière la complexité des réalités sanitaires auxquelles sont confrontées plusieurs populations.
Le parcours doctoral de Tchago François Edmond a également été marqué par la persévérance. Malgré une interruption liée à des contraintes personnelles et des difficultés matérielles, le chercheur a poursuivi ses investigations avec détermination. Ses encadreurs ont salué un étudiant studieux, humble et profondément attaché à la recherche en immunologie.
Les résultats obtenus ont déjà franchi les frontières académiques nationales avec la publication de deux articles scientifiques dans des revues internationales. Ces contributions témoignent de la portée des travaux réalisés et de leur reconnaissance progressive par la communauté scientifique.
À l’issue de la soutenance, le jury a attribué au candidat la mention « Très honorable », estimant que son étude constitue une contribution innovante dans le domaine des sciences biomédicales au Cameroun. La qualité méthodologique, la maîtrise des données présentées et la cohérence entre les hypothèses formulées, les objectifs définis et les conclusions apportées ont été particulièrement appréciées.
Avec cette recherche, Tchago François Edmond rejoint ainsi une nouvelle génération de scientifiques camerounais engagés dans la compréhension des maladies complexes et dans la construction de solutions adaptées aux réalités sanitaires africaines.






