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À travers une thèse consacrée à l’élaboration d’un programme d’éducation communautaire pour la prévention et la détection précoce du cancer du sein, MAKOU NJOMBOU SYLVANIE explore les facteurs sociaux, culturels et thérapeutiques qui influencent la prise en charge de cette pathologie. Soutenue à l’École des sciences de la santé de l’Université catholique d’Afrique centrale, cette recherche en santé publique propose une approche participative centrée sur les réalités vécues par les patientes et leurs communautés.
Dans le domaine de la santé publique, certaines recherches naissent d’une urgence sociale : comprendre pourquoi des patients arrivent encore dans les formations sanitaires à des phases avancées de la maladie, alors que le diagnostic précoce demeure un levier essentiel de survie. C’est dans cette perspective que MAKOU NJOMBOU SYLVANIE, titulaire d’un master en santé publique option santé communautaire, a consacré son travail doctoral aux mécanismes qui influencent le recours aux soins face au cancer du sein.
Réalisée au sein de l’Unité de formation doctorale de l’École des sciences de la santé de l’Université catholique d’Afrique centrale, cette thèse, présentée en vue de l’obtention d’un Doctorat PhD en santé publique option santé communautaire, a été menée sous la direction du Professeur Ngo Likeng Julienne Louise, maître de conférences, avec la codirection du Dr Fouogue Tsuala Jovanny, médecin gynécologue et chargé de cours à l’Université de Dschang.
L’étude s’inscrit dans une démarche qualitative à orientation phénoménologique. Elle cherche à analyser les phénomènes sociaux et culturels qui façonnent les comportements liés à la santé, notamment les représentations du cancer du sein, les choix thérapeutiques et les parcours empruntés avant l’arrivée dans les structures médicales. Cette approche permet de mieux saisir les expériences individuelles et collectives qui entourent cette affection.
Pour mener cette investigation, la doctorante a mobilisé plusieurs catégories d’acteurs ayant un lien direct ou indirect avec la problématique étudiée. La collecte des données a été réalisée après l’obtention des autorisations administratives et éthiques nécessaires, notamment auprès des services sanitaires concernés, des responsables hospitaliers, des professionnels de santé, des patientes ainsi que de leurs proches.
Le travail de terrain a également intégré les réalités communautaires, avec des rencontres auprès de personnes atteintes de cancer qui, pour certaines, refusaient l’hospitalisation. La chercheuse a aussi échangé avec des responsables religieux, notamment des prêtres, des imams et des pasteurs, afin de mieux comprendre leur rôle potentiel dans l’accompagnement social et psychologique des malades.
Au cœur de cette recherche figurent trois dimensions complémentaires : les représentations sociales associées au cancer du sein, les itinéraires thérapeutiques des patientes et la conception d’un programme d’éducation communautaire adapté. L’analyse du contenu, conduite selon des étapes méthodologiques rigoureuses, a permis de faire émerger des résultats cohérents avec les objectifs fixés.
La thèse met en évidence l’influence des croyances, des pratiques culturelles et des perceptions collectives dans les décisions prises par les patientes avant leur recours aux soins médicaux. Elle montre notamment que certaines malades consultent tardivement, parfois à un stade très avancé de la pathologie, ce qui limite les possibilités thérapeutiques et complexifie leur prise en charge.
À partir de ces constats, MAKOU NJOMBOU SYLVANIE propose un programme d’éducation communautaire intégrant les préoccupations des patientes, leurs expériences, leurs trajectoires de soins ainsi que les pratiques locales de prévention. L’objectif est de renforcer la sensibilisation des populations et de favoriser une meilleure compréhension des signes précoces du cancer du sein.
Sur 326 pages, le document doctoral présente une structure solide, une rédaction fluide et une organisation académique appréciée par les membres du jury. La richesse des références bibliographiques témoigne d’une bonne maîtrise de la littérature scientifique internationale consacrée au cancer du sein, à la santé communautaire et aux stratégies d’intervention éducative.
Le jury a également relevé l’originalité d’une démarche intégrative qui répond à une lacune identifiée dans les travaux scientifiques existants. En élargissant la réflexion au-delà des seules patientes, cette recherche met en avant l’importance des familles, des acteurs communautaires et des relais sociaux dans l’accompagnement des personnes confrontées à la maladie.
Au-delà de sa contribution scientifique, cette thèse ouvre des perspectives qui intéressent également les champs de la théologie et des études bibliques, notamment dans l’analyse du rapport entre accompagnement humain, souffrance et solidarité. Elle rappelle que la lutte contre le cancer du sein ne repose pas uniquement sur les dispositifs médicaux, mais aussi sur la capacité des communautés à informer, soutenir et agir précocement.






