Réunis à Yaoundé le 25 juin 2026, les membres de la principale coopérative apicole du Cameroun ont tenu leur assemblée générale annuelle. L’occasion d’acter une nouvelle phase de structuration, centrée sur la qualité du miel, la formation des producteurs et la certification des produits.
À l’Hôtel Franco de Yaoundé, l’ambiance était studieuse. Le 25 juin dernier, les Apiculteurs Unis pour le Développement du Cameroun ont réuni leurs membres à l’occasion de leur assemblée générale annuelle. Une rencontre stratégique, placée sous le haut patronage de la Sénatrice Françoise Puene, marraine de la structure, et marquée par une volonté affichée de changer d’échelle.
Dans une salle comble, les responsables de la coopérative ont dressé le bilan des actions engagées et esquissé les perspectives à venir. Au centre des discussions : la modernisation d’une filière apicole encore largement artisanale, mais qui ambitionne désormais de s’imposer sur des marchés plus exigeants. Pour les dirigeants, l’enjeu est clair : structurer, professionnaliser et rendre le miel camerounais plus compétitif.
Cette ambition passe d’abord par une meilleure organisation de la production. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’harmoniser les pratiques, d’améliorer la traçabilité et de renforcer les standards de qualité. Une évolution jugée indispensable pour répondre aux exigences des consommateurs et des circuits de distribution modernes.
Autre chantier majeur : la certification. L’intégration de la coopérative au programme OSSP-CMR est présentée comme un tournant. Ce dispositif doit permettre de garantir la conformité des produits, mais aussi de renforcer la crédibilité des producteurs sur le marché national et international. Une étape jugée déterminante dans la montée en gamme du secteur.
La question de la formation a également occupé une place importante dans les échanges. Après une première session gratuite destinée aux acteurs de la filière, une deuxième vague de formation est annoncée. Elle portera notamment sur la normalisation, la gestion d’entreprise et la valorisation commerciale du miel. L’objectif est d’outiller les producteurs pour mieux affronter un marché de plus en plus concurrentiel.
Au-delà des aspects techniques, la coopérative met en avant une vision plus large du développement. Forte de ses 3 691 membres, elle entend consolider un modèle basé sur la solidarité, la création de valeur locale et la protection de l’environnement. Le miel est ainsi présenté comme un produit stratégique, à la fois économique et écologique.
Dans ce contexte, la filière apicole apparaît comme un levier de développement rural. De Tignère à Nyambaka, en passant par l’Adamaoua et l’Ouest du pays, les initiatives locales se multiplient et témoignent d’un potentiel encore largement sous-exploité. Les responsables entendent capitaliser sur cette dynamique pour structurer un réseau national plus cohérent.
En clôturant les travaux, les participants ont réaffirmé leur volonté d’inscrire AUDECAM Connect dans une trajectoire de croissance durable. Une ambition qui repose sur un pari simple : faire du miel camerounais un produit de référence, capable de rivaliser au-delà des frontières nationales.
