En dotant un établissement public d’un dispositif durable d’approvisionnement en eau potable, l’ONG Water Fund, fondée par deux figures emblématiques du football camerounais, inscrit son action au cœur des politiques éducatives et sanitaires, dans un contexte marqué par la persistance des inégalités d’accès à l’eau en Afrique subsaharienne.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement demeure l’un des piliers silencieux de la réussite scolaire et du développement humain. Au Cameroun, cet enjeu structurel continue de mobiliser les pouvoirs publics autant que les organisations de la société civile. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’action de Water Fund, association fondée par Roger Milla et Joseph-Antoine Bell, qui a récemment renforcé l’approvisionnement en eau du Groupe scolaire d’Ekoudou à travers l’installation d’un réservoir de stockage de 5 000 litres, raccordé au réseau de la Camwater.
Placée sous la supervision de la secrétaire d’État auprès du ministère de l’Éducation de Base, la remise de ce don traduit la convergence entre initiatives citoyennes et orientations gouvernementales en matière d’hygiène scolaire. Pour Water Fund, l’objectif est clair : faciliter l’accès à l’eau dans les zones défavorisées et améliorer durablement les conditions sanitaires des élèves, en particulier dans les établissements publics confrontés à des carences structurelles.
Au-delà de cette action ponctuelle, l’organisation porte une ambition à l’échelle nationale. Son programme prévoit la construction de 1 200 puits par an, avec pour finalité la réduction significative de la mortalité infantile liée aux maladies hydriques. Une tâche d’envergure qui, selon ses fondateurs, ne peut être menée sans une mobilisation collective impliquant collectivités territoriales, partenaires techniques et acteurs de la coopération. « Dans les familles nombreuses, les aînés aident les parents à élever les plus jeunes. Ce geste humanitaire est pour nous un retour d’ascenseur envers l’État, qui ne peut pas tout faire seul », a souligné Joseph-Antoine Bell, rappelant l’esprit de solidarité qui guide l’initiative.
Cette démarche s’inscrit également dans le prolongement des réflexions issues du Forum mondial de l’eau tenu en mars dernier au Sénégal. Placée sous le thème de la sécurité de l’eau pour la paix et le développement, cette rencontre internationale a mis en lumière l’ampleur du défi hydrique, notamment en Afrique subsaharienne où, selon les Nations unies, près des trois quarts de la population n’ont toujours pas accès à l’eau potable. Dans ce contexte, les actions de terrain portées par Water Fund apparaissent comme des réponses concrètes à un enjeu global, à la croisée de l’éducation, de la santé publique et de la solidarité.
