Hier, la quatrième édition de TransOnco Cameroon s’est ouverte à l’Université de Yaoundé I. Pendant trois jours, chercheurs, cliniciens et experts explorent de nouvelles approches dans la lutte contre le cancer, mêlant innovation biomédicale et ressources thérapeutiques issues des traditions africaines.
Le symposium, qui se tient du 22 au 24 janvier 2026 à l’amphi 700 de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB), se concentre cette année sur le thème : « Thérapies alternatives et produits naturels dans la prise en charge des cancers ». Cette édition se distingue par sa volonté de rapprocher les avancées scientifiques des pratiques locales, dans l’objectif d’offrir des solutions concrètes et adaptées aux patients camerounais.
La doyenne de la FMSB, la professeure Juliette Esther Meka, a ouvert les travaux en rappelant les enjeux majeurs du cancer :
« Le cancer symbolise l’écart entre ce que la science peut faire et ce que nous offrons réellement à nos patients. Nous connaissons la science, mais nous ignorons trop souvent les solutions qui pourraient sauver des vies. »
Elle a présenté TransOnco Cameroon comme un espace où se rencontrent immunothérapies de pointe et pharmacopées traditionnelles, un lieu d’innovation qui conjugue savoir ancestral et rigueur scientifique :
« Nous ne cherchons pas à opposer moderne et traditionnel. Nous voulons explorer avec méthode ce que nous avons trop longtemps négligé, pour transformer nos richesses naturelles en solutions concrètes pour les malades. »
Le président de la Société Camerounaise d’Oncologie (SCON) a rappelé la nécessité de repenser les approches face à cette maladie qui ne connaît ni frontières ni distinctions sociales. Il a insisté sur la collaboration intégrée entre cliniciens, chercheurs et praticiens traditionnels :
« Nos traditions médicales africaines renferment des principes actifs à valider scientifiquement. L’avenir de l’oncologie passe par le dialogue entre ces deux mondes. »
Pour le professeur Stéphane Zingue, président du comité d’organisation, le symposium constitue une plateforme structurante, centrée sur quatre axes majeurs : physiopathologie tumorale, potentiels anticancéreux issus des pratiques traditionnelles, valorisation des biomarqueurs et articulation entre systèmes thérapeutiques. Il a insisté sur la multidisciplinarité comme condition essentielle pour transformer la recherche en pratiques accessibles :
« La recherche translationnelle progresse seulement si toutes les expertises se mettent en commun. Les cliniciens, les chercheurs, les herboristes, les généticiens doivent collaborer pour le bien des patients. »
Pendant ces trois jours, les discussions et présentations visent à construire une oncologie intégrative, adaptée aux réalités locales, capable d’allier innovation et héritage, et de produire un impact concret pour les populations. L’événement se veut également un catalyseur pour des collaborations durables entre institutions, universités et laboratoires isolés :
« Chaque communication devient une pierre angulaire dans l’édifice de nos connaissances oncologiques locales. Chaque question posée avec rigueur brise les chaînes des dogmes importés. »
TransOnco Cameroon 2026 se présente ainsi comme un rendez-vous décisif pour la recherche et les soins oncologiques au Cameroun, offrant un espace de réflexion et d’action où science moderne et traditions ancestrales convergent pour un objectif partagé : améliorer la vie des patients.
