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COSCOY IMPACT 2026 : À Yaoundé, le sport comme territoire de retrouvailles et de réconciliation communautaire

Les 31 octobre et 1er novembre 2026, le Lycée Général Leclerc devient le point de convergence des ressortissants de l’Ouest établis dans la capitale. À travers une manifestation mêlant football, handball, culture et valorisation des talents, le Conseil supérieur des communautés de l’Ouest de Yaoundé (COSCOY), avec le COMERO, entend faire de cette rencontre un instrument de cohésion sociale. Sous le parrainage de l’Honorable Paul Éric Djomgoué, l’ambition dépasse largement les enjeux d’un tournoi.

Derrière le ballon, une communauté en quête de liens

À Yaoundé, les compétitions sportives peuvent parfois raconter une histoire qui dépasse les limites du terrain. Celle du COSCOY IMPACT 2026 s’inscrit précisément dans cette perspective. Derrière les confrontations entre sélections départementales se dessine une volonté de rapprocher des populations partageant une origine géographique, mais dont les trajectoires urbaines ont parfois distendu les relations. Le projet entend réactiver ces solidarités, en donnant aux rencontres sportives une fonction sociale et fédératrice.
Cette orientation s’est affirmée lors de la réunion de finalisation organisée le 22 octobre, sous la présidence effective de Sa Majesté Paul Éric Djomgoué, président du comité d’organisation. Autour de lui, les responsables des huit départements de la région de l’Ouest, les chefs de communautés ainsi que les représentants des femmes et des jeunes ont examiné les rapports des différentes commissions. Les discussions, engagées pendant plusieurs heures, ont permis d’évaluer les moyens mobilisés et les derniers ajustements nécessaires.

Le Koung-Khi, ou le choix de privilégier le rassemblement

Parmi les décisions prises figure la réintégration du Koung-Khi, initialement disqualifié pour défaut d’affiliation de son club. La sanction a finalement été levée après des échanges entre les responsables. Cette décision, qui a permis à la formation de retrouver les Hauts-Plateaux dans une confrontation de rattrapage, révèle une certaine conception de l’événement : préserver l’équité sportive sans perdre de vue sa vocation communautaire.
Ce choix n’est pas anodin. Dans une compétition où chaque département défend ses couleurs, l’exclusion d’une équipe aurait pu fragiliser la dynamique collective recherchée. Les organisateurs ont donc privilégié une approche fondée sur la participation et la fraternité. Le sport apparaît ici comme un espace de négociation, où les exigences du règlement doivent composer avec une ambition plus large : maintenir les différentes composantes de la communauté autour d’un projet commun.

La Mifi, une qualification construite dans l’adversité

Sur le plan sportif, la Mifi s’est imposée comme l’une des formations les plus déterminées de cette édition. Sa qualification pour la finale, obtenue face aux Hauts-Nkam après une séance de tirs au but, a révélé les ressources mentales d’un groupe qui n’a pas toujours connu un parcours tranquille. Au micro, l’entraîneur et le capitaine ont livré deux témoignages complémentaires sur les difficultés traversées, la discipline collective et les ambitions nourries à l’approche du dernier acte.
Le technicien a notamment insisté sur la capacité de son effectif à répondre aux exigences de la compétition. Lors de cette confrontation décisive, il avait principalement aligné des joueurs de l’équipe B, contrairement à la précédente sortie où les titulaires de l’équipe A avaient été sollicités. Cette configuration témoigne, selon lui, de la richesse de son groupe. Quelques éléments évoluant en division, notamment Dosa 4 et Kamga, apportent également leur expérience à une formation essentiellement constituée de jeunes talents.

Une finale qui concentre toutes les attentes

Pour le capitaine, les difficultés initiales n’ont jamais remis en cause l’objectif fixé. Dès les premières rencontres, les joueurs avaient adopté une ligne de conduite simple : considérer chaque match comme une finale. Une philosophie qui leur a notamment permis de franchir l’obstacle du Ndé aux tirs au but, avant de renouveler cette performance face aux Hauts-Nkam. Désormais, l’équipe souhaite éviter une nouvelle séance de penalties et faire la différence pendant le temps réglementaire.
L’entraîneur partage cette confiance, tout en reconnaissant la nécessité de préserver les équilibres tactiques. La discipline, l’application des consignes et l’engagement constituent, à ses yeux, les fondements de la réussite. Il a toutefois attiré l’attention des organisateurs sur les délais de communication entourant certaines rencontres, estimant qu’une meilleure anticipation faciliterait le rassemblement des joueurs et la préparation technique des équipes.

La Menoua, laboratoire d’une mobilisation sportive locale

Cette recherche de cohésion trouve également une illustration dans le parcours de la Menoua. Lors de sa dernière phase de présélection au stade Charbon de Biyem-Assi, la formation avait travaillé les coups francs, les corners et différentes séquences tactiques. Malgré l’absence de plusieurs joueurs précédemment retenus, l’encadrement technique s’était attaché à constituer un groupe capable de répondre aux exigences du championnat.
Les groupements Bamendou et Fongo-Tongo ont particulièrement contribué à cette dynamique. Leurs championnats locaux ont favorisé la détection de joueurs, entretenu la pratique du football et facilité la mobilisation des talents. Le soutien du PDG des établissements I.S.S., à travers la remise d’un jeu de maillots à la sélection départementale, est venu compléter cet engagement. Un geste qui souligne le rôle des acteurs économiques dans l’accompagnement des initiatives sportives de proximité.

Les femmes et la culture, autres visages de la compétition

Réduire COSCOY IMPACT à une succession de rencontres footballistiques serait pourtant passer à côté de sa dimension culturelle. Le handball féminin participe également à cette programmation avec trois sélections : les Hauts-Plateaux, les Bamboutos et la Menoua. Le tirage au sort a directement envoyé la première formation en finale, laissant aux deux autres le soin de disputer une confrontation qualificative.
L’élection Miss COSCOY IMPACT apporte une autre dimension à cette célébration. Carine Mongoué, présidente-directrice générale de la marque de cosmétiques CARIMO, accompagne les candidates en qualité de marraine. La présence annoncée d’autorités et de membres du gouvernement devrait donner un relief institutionnel supplémentaire à cette séquence. À travers cette articulation entre sport et expression culturelle, les organisateurs cherchent à offrir aux différents talents une scène commune.

Réunir ceux que la distance a parfois éloignés

L’objectif affiché est ambitieux : mobiliser entre deux mille et trois mille personnes au Lycée Général Leclerc. Mais derrière cette perspective chiffrée se trouve une préoccupation plus profonde. Les responsables souhaitent renouer avec les ressortissants qui se sont progressivement éloignés des activités communautaires, dépasser les préjugés et rétablir des passerelles entre les différentes générations. Le ballon devient alors un prétexte au dialogue, un langage partagé capable de rapprocher des personnes que les appartenances départementales pourraient autrement maintenir à distance.
Cette ambition donne à la manifestation une portée qui dépasse son calendrier. Les préparatifs ont mobilisé des responsables associatifs, des encadreurs sportifs, des représentants traditionnels ainsi que des acteurs économiques. Leur implication traduit une volonté de construire un espace où les différences ne constituent plus des lignes de séparation, mais les composantes d’une identité collective.
À l’heure où les dernières préparations s’achèvent, COSCOY IMPACT 2026 se trouve ainsi face à son véritable défi. Les trophées récompenseront les meilleures formations, tandis que les distinctions culturelles mettront en lumière d’autres talents. Mais la réussite la plus significative pourrait se mesurer ailleurs : dans la capacité de cette initiative à transformer une compétition en expérience de fraternité, et des retrouvailles ponctuelles en solidarité durable.