La Concorde Actu

Toute l'actualité du Cameroun

Cameroun- Editions Ifrikiya : Jeanne Lambertine Bidjang dédicace le roman « Si loin… les cris d’une mère »

Licenciée et nantie d’un Master en droit international obtenu à l’IRIC Jeanne Lambertine Bidjang est à sa première œuvre d’une qualité esthétique exceptionnelle.

A l’heure où la situation planétaire suscite moult réflexions et débats sur notre être au monde et sur les questions d’identité, ce récit rigoureusement structuré de 161 pages avec des parties de 4 chapitres chacune, oscillant entre cinq et seize pages puis un épilogue ne peut engendrer qu’une légitime curiosité. D’entrée de jeu et dès la première de couverture, le lecteur est happé par l’arrière-plan noir, couleur de nuit et des ténèbres, puis par le titre en rouge au teinte de la passion, de l’amour, du sang, de la tragédie ou de la révolution, avec ces deux femmes aux visages du désespoir, côtoyés par le blanc de l’élévation, de la spiritualité ou de l’innocence. Le titre à l’allure angoissante peut désarmer, mais un regard croisé peut permettre de se donner des sens multiples à ce roman à deux destins donc à double intrigue, qui relate l’histoire d’Aissatou et celle d’Angèle, deux jeunes dames qui connaissent des formes de prison diverses. Prison physique, prison morale ou comme l’auteur a bien voulu le faire entendre, la prison de la communauté ou la prison de la justice. Le lecteur est écartelé entre la suggestion de l’envol et de l’évasion lyrique ou encore de l’invitation à arpenter les dédales obscures et funestes. Cette atmosphère sibylline renforcée par un titre programme ou les points de suspension des contenus latents et l’évocable en présence convient à un incontournable décryptage au cœur des défis de la maternité. Un roman recommandable à plus d’un titre, en ce sens qu’il fait découvrir au lecteur les différents types de prisons avec un doigté, une subtilité et une maturité agrémentés par une fabuleuse source de connaissances sociologiques et psychologiques. Avec des protagonistes d’une émouvante authenticité, le lecteur est à même d’affronter les contingences de l’existence avec lucidité, la voie est ainsi balisée pour embrasser les ombres et des lumières, les silences et les cris de notre histoire personnelle ou les défis de la maternité qu’une plume exercée sublime par des descriptions pittoresques et des détails poignants. « Si loi les cris d’une mère de JLB nous entraine sous ces entrefaites dans une introspection salutaire en vue de militer en faveur d’un environnement carcéral plus décent illuminé par une justice plus intègre ou des structures communautaires moins coercitives et stigmatisantes pour appréhender à bon escient le sens de la liberté loin de toutes les passions. Ainsi la dynamique sera enclenchée pour bâtir le capital humain apte à soutenir les sociétés plus humaines et à choisir son destin loin de tous les carcans psychologiques et sociaux.

E.M

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *