La soutenance de la recherche doctorale de Nkoum Benjamin Anaël s’est imposée comme un moment fort de la formation en santé publique. Sous la présidence du Pr Tchoungui Thomas Bienvenu, Recteur de l’Université Catholique d’Afrique Centrale, le travail du candidat a révélé une réflexion ambitieuse consacrée à la réduction des accouchements en communauté dans les zones périurbaines de Yaoundé et Douala. Cette présence de la plus haute autorité académique a conféré à la cérémonie un éclat particulier, soulignant l’importance scientifique et sociale de l’étude.
L’analyse proposée éclaire la persistance des accouchements à domicile, phénomène qui continue d’alimenter la mortalité maternelle malgré les efforts institutionnels et les programmes mis en œuvre. La démarche adoptée s’inscrit dans une recherche opérationnelle visant à comprendre les déterminants du recours à ces pratiques et à formuler des stratégies constructives capables d’agir sur les comportements, les perceptions et les dynamiques socio-culturelles qui les soutiennent.
Pour structurer sa réflexion, le doctorant a mobilisé un socle théorique articulé autour de trois piliers : la théorie des représentations sociales, la théorie des croyances en santé et la théorie de la satisfaction des besoins. Ce cadre permet une lecture fine des attitudes, favorise l’interprétation des pratiques maternelles et offre une base solide pour la proposition d’interventions adaptées. La rigueur analytique et la cohérence de ce choix ont été saluées par le jury.
La qualité méthodologique du travail repose sur une approche mixte intégrant données quantitatives et explorations qualitatives. Les analyses statistiques ont permis d’identifier avec certitude les facteurs associés aux accouchements en communauté dans les districts de Japoma et de Nkolbisson, renforçant la généralisabilité des résultats. L’enquête qualitative, quant à elle, a mis en lumière les perceptions, les croyances, les valeurs et l’expérience vécue des familles et des prestataires, donnant profondeur et sens aux chiffres et assurant une compréhension complète du phénomène observé.
La triangulation des données a produit un ensemble fiable, cohérent et scientifiquement solide. Les résultats issus des deux volets se sont mutuellement soutenus, renforçant la validité globale de l’étude. Cette démarche a permis de concevoir des stratégies culturellement appropriées, réalisables et acceptées par les communautés concernées. Elle offre ainsi des solutions applicables sur le terrain, tant pour les acteurs de santé que pour les décideurs.
Le parcours académique de Nkoum Benjamin Anaël témoigne d’une progression constante : baccalauréat A4 Espagnol en 2011, licence en anthropologie en 2014, formation en sciences infirmières en 2018, master en santé publique en 2021, puis engagement en doctorat dès 2022. Ses encadreurs le décrivent comme une personnalité proactive, curieuse, audacieuse, indépendante dans sa pensée et capable de transformer une idée en projet abouti. Son attitude critique et sa capacité à prendre des initiatives ont façonné un profil scientifique solide et autonome.
Cette thèse représente une contribution majeure à l’amélioration de la santé maternelle et néonatale. Elle apporte des données actualisées sur les dynamiques périurbaines, propose des stratégies immédiatement utilisables et offre un apport sociétal significatif. Par son ampleur et sa maîtrise, le travail honore la recherche universitaire et ouvre de nouvelles perspectives pour les interventions communautaires.
Au terme de la cérémonie, le jury a décerné au candidat la mention Très Honorable avec félicitations, distinction qui consacre l’excellence d’une œuvre menée avec constance, exigence et engagement.










