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Alain Symphorien Ndzana Biloa passe la fiscalité camerounaise « au scalpel »

Dans son nouvel essai, La Fiscalité Camerounaise au Scalpel, l’Inspecteur Principal des Impôts Hors Échelle entreprend de décrypter les mécanismes, les tensions et les failles d’un système fiscal devenu un enjeu central du financement de l’action publique. La dédicace de l’ouvrage, prévue ce jeudi 24 septembre 2026 à Yaoundé, sera l’occasion d’ouvrir le débat avec les contribuables, les professionnels et les acteurs publics.

L’impôt est souvent perçu à travers ses chiffres, ses échéances et ses contraintes. Alain Symphorien Ndzana Biloa choisit une autre porte d’entrée : celle du contrat qui lie l’État à ses citoyens. Dans La Fiscalité Camerounaise au Scalpel, publié aux Éditions du Panthéon, le spécialiste des questions fiscales entreprend une lecture globale d’un système dont les mécanismes demeurent parfois difficiles à saisir pour ceux qui le financent comme pour ceux qui l’administrent.
Inspecteur Principal des Impôts Hors Échelle et ancien lauréat de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature de Yaoundé, l’auteur connaît la matière de l’intérieur. Pendant une dizaine d’années, il a exercé comme inspecteur vérificateur à la Direction générale des Impôts, dont six années comme chef d’équipe de contrôle des entreprises industrielles à la Division des Grandes Entreprises. Une expérience de terrain qui nourrit l’approche de cet ouvrage, loin d’une simple compilation de textes réglementaires.
Le livre s’intéresse ainsi au dédale des impôts, taxes et autres prélèvements qui structurent les relations entre l’administration fiscale, les entreprises et les citoyens. Mais derrière les mécanismes techniques se dessine une interrogation plus politique au sens large : comment faire en sorte que l’impôt soit perçu comme une contribution à la collectivité plutôt que comme une seule obligation administrative ? La question de l’équité occupe une place centrale dans cette réflexion.
Ndzana Biloa entend également dépasser le constat. Son essai propose des pistes de réforme destinées à améliorer l’efficacité du système fiscal tout en préservant la capacité des entreprises à créer de la richesse. L’enjeu est d’autant plus sensible que la mobilisation des ressources intérieures demeure étroitement liée aux capacités de l’État à financer les politiques publiques et les investissements nécessaires au développement.
Cette démarche prolonge une trajectoire éditoriale déjà consacrée aux finances publiques. En 2016, l’auteur publiait La fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone franc : le cas du Cameroun. Deux ans plus tard paraissait Sauvons l’impôt pour préserver l’État, avant Un système fiscal international 3G pour financer le développement durable, en 2021. Avec ce quatrième ouvrage, son regard se resserre sur l’ensemble de l’architecture fiscale camerounaise.
L’écriture constitue pour lui une autre manière de prolonger son expérience professionnelle. Nommé en février 2011 Directeur des Affaires générales au ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, il dit avoir alors découvert une nouvelle passion pour l’écriture. Ses ouvrages s’inscrivent depuis lors dans une même volonté : interroger les mécanismes existants, susciter le débat public et formuler des propositions de changement.
La Fiscalité Camerounaise au Scalpel se veut ainsi accessible à plusieurs catégories de lecteurs. Dirigeants et entrepreneurs peuvent y trouver des clés pour mieux comprendre leur environnement fiscal ; les professionnels du conseil, de l’audit et de la comptabilité, une matière de réflexion ; enseignants et chercheurs, une contribution à la documentation sur le système fiscal national. Le contribuable ordinaire, lui aussi, est placé au cœur de cette démarche.
La cérémonie de dédicace prévue le jeudi 24 septembre à Yaoundé devrait prolonger cette ambition au-delà des pages du livre. Alain Symphorien Ndzana Biloa doit y échanger directement avec le public sur les motivations qui ont présidé à la rédaction de l’ouvrage et sur son regard porté sur la fiscalité camerounaise. Une rencontre autour d’un sujet rarement neutre : celui de l’argent public, de ceux qui le prélèvent, de ceux qui le versent et de la confiance qui doit relier les uns aux autres.
Au fond, le « scalpel » choisi par l’auteur n’est pas seulement une image. Il traduit une méthode : entrer dans les détails d’un système complexe pour en faire apparaître les mécanismes, mais aussi les tensions et les possibilités d’évolution. En plaçant l’équité fiscale au centre de son propos, Alain Symphorien Ndzana Biloa entend transformer une matière réputée technique en objet de débat citoyen.