La Concorde Actu

Toute l'actualité du Cameroun

Assemblée générale de l’ONAC : transparence, innovation et valorisation du génie architectural

Réunis lors de leur assemblée générale ordinaire le 21 mars dernier, les architectes camerounais ont dressé le bilan d’une dynamique en pleine mutation, marquée par l’affirmation de leur rôle dans la transformation urbaine et par la reconnaissance des talents à travers plusieurs concours majeurs.
La réflexion autour de la place de l’architecte dans le développement territorial s’est imposée comme le fil conducteur des échanges, mettant en lumière une profession appelée à dépasser la simple conception pour s’inscrire durablement dans les politiques publiques. À travers une vision renouvelée, les praticiens apparaissent désormais comme des conseillers techniques incontournables, capables d’orienter les choix en matière d’aménagement, de durabilité et de préservation des identités culturelles. Cette orientation, soutenue par les pouvoirs publics, consacre une évolution profonde du métier dans un contexte de décentralisation croissante.
Prenant la parole au nom du ministère en charge de l’Habitat et du Développement urbain, le représentant de la tutelle a rappelé l’importance de cette responsabilité, insistant sur la nécessité d’allier rigueur, transparence et éthique dans l’exercice professionnel. Il a salué l’engagement du gouvernement, matérialisé notamment par la signature d’une convention de partenariat avec l’Ordre et par la mise à disposition d’un siège dédié, symboles d’une reconnaissance institutionnelle affirmée. Dans un environnement urbain en mutation rapide, la qualité du cadre bâti s’impose ainsi comme une priorité nationale.
Au cœur de cette rencontre, les initiatives valorisant la créativité architecturale ont occupé une place centrale, témoignant d’un renouveau porté par la jeune génération. Le concours Archi Vision 2026 s’est distingué par une approche sensible centrée sur l’enfance, invitant les participants à concevoir des espaces protecteurs et stimulants. Le premier prix a été attribué à TEME EBOKO Yann Stéphane, MEDJE WOUACHE Wilfried et NGOUH FOMAT Ange Ludovic pour leur projet « Nseng Bikókó : le parc des coquillages », une proposition inspirée du biomorphisme et ancrée dans les réalités locales. Le deuxième prix est revenu à WATAWAY HAMADJOUMA EZECHIEL, OWONO OWONO Benoît Désiré et YAYA DJENABOU DJEBBA, tandis que le troisième prix a récompensé l’équipe composée de CIGHOM WABO Ange, TESSA SONFOURT Litydivine, MEGUIA BETANGA Ingrid, TCHUENCHE DASSI Nelson et NDE MBA Frizel, auteurs d’un projet éducatif et protecteur intitulé « La maison de l’enfant ».
Dans une autre perspective, le Prix Ramsès a confirmé son statut de référence en Afrique centrale en consacrant des réalisations alliant innovation et contextualisation. La première place a été décernée à Fokus Architecture & Design, suivie de Saré Architecture à la deuxième position, de Studio 127_1 au troisième rang et d’Architectes Développeurs en quatrième place. Porté par Eventify Agency en partenariat avec l’Ordre, ce prix s’inscrit dans une volonté de promouvoir une architecture en phase avec les réalités africaines, tout en renforçant la visibilité de la profession sur les scènes nationale et internationale.
Cette dynamique s’est prolongée avec le Design Atelier Students Prize 2026, véritable laboratoire d’idées réunissant des étudiants issus de plusieurs continents. Le premier prix a distingué le projet « MAWA ma Besseke : le savoir de Besseke », conçu par des apprenants de l’Institut des Beaux-Arts de Foumban, pour sa capacité à traduire mémoire et identité dans une écriture contemporaine. Le deuxième prix a été attribué à « Mbock mbi, le fleuve vie », porté par une équipe formée entre le Togo et le Cameroun, tandis que le troisième prix est revenu au projet « Playlearn Center », fruit d’une collaboration entre étudiants camerounais et chinois, illustrant l’ouverture internationale de la relève.
Au-delà des distinctions, ces différentes initiatives traduisent une ambition commune : faire de l’architecture un levier de transformation sociale, culturelle et économique. En conjuguant encadrement institutionnel, promotion médiatique et valorisation des talents, l’écosystème camerounais affirme progressivement sa capacité à structurer une discipline en quête de reconnaissance. Dans cette trajectoire, chaque projet esquisse les contours d’un avenir où bâtir revient autant à concevoir des espaces qu’à accompagner les mutations d’une société en mouvement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *