Sous le signe de la crĂ©ativitĂ© et de lâengagement, lâassociation Akanga Art a rĂ©uni Ă YaoundĂ© un large public dâartistes, de professionnels de la santĂ© et dâamis de la culture pour une causerie Ă©ducative placĂ©e sous le thĂšme « Le cancer du sein, au-delĂ du dĂ©pistage : un appel Ă prendre soin de soi ». Cette rencontre a offert un espace dâĂ©changes entre lâart et la mĂ©decine, deux domaines qui se rejoignent ici dans un mĂȘme combat : celui de la vie.
Dans une atmosphĂšre Ă la fois solennelle et chaleureuse, les interventions ont mis en lumiĂšre la nĂ©cessitĂ© dâunir les forces de la science et de la sensibilitĂ© artistique pour briser le silence autour de la maladie. Akanga Art, fidĂšle Ă sa vocation de promotion de la culture camerounaise, a choisi de faire de la parole, du pinceau et du geste crĂ©atif des instruments de prĂ©vention et de sensibilisation. Au-delĂ de la simple cĂ©lĂ©bration culturelle, lâĂ©vĂ©nement sâest voulu un acte citoyen, une ode Ă la solidaritĂ© humaine.
La docteure Ngo Dingom Madye, gynĂ©cologue et secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la SociĂ©tĂ© camerounaise de la santĂ© des adolescents, a ouvert le dĂ©bat par une intervention Ă©mouvante sur le thĂšme « Femmes et cancer ». Sâexprimant avec conviction, elle a rappelĂ© que la lutte contre cette pathologie ne concerne pas uniquement les femmes, mais toute la famille. Pour elle, chaque patient touche un cercle entier de proches, et câest dans la cohĂ©sion que rĂ©side la premiĂšre victoire. « Le cancer est combattable lorsquâon est bien entourĂ©, lorsque lâespoir et le rĂ©confort remplacent la peur », a-t-elle soulignĂ©.
En partageant ses expĂ©riences de terrain, la praticienne a Ă©galement mis en Ă©vidence lâimportance du dĂ©pistage prĂ©coce. Trop souvent, a-t-elle regrettĂ©, la peur du diagnostic conduit au silence. Pourtant, neuf cancers du sein sur dix peuvent ĂȘtre guĂ©ris lorsquâils sont dĂ©tectĂ©s Ă temps. Ses mots ont trouvĂ© un Ă©cho particulier chez lâauditoire, composĂ© de femmes, dâhommes et de jeunes venus Ă©couter, comprendre et relayer le message de la prĂ©vention. « Chacun de nous est un soldat dans cette lutte », a-t-elle conclu avec Ă©motion.
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Le second temps fort de la soirĂ©e a Ă©tĂ© animĂ© par la docteure MarilĂšne KĂ©mme, experte en santĂ© mentale et cheffe du centre La Vie à lâhĂŽpital central de YaoundĂ©. Son intervention a portĂ© sur « Lâintelligence Ă©motionnelle et la santĂ© mentale face Ă lâĂ©preuve ». Selon elle, si le stress nâest pas directement responsable du cancer, il influence nos comportements de maniĂšre significative. LâĂ©puisement psychologique, la consommation dâalcool, le tabagisme ou encore la sĂ©dentaritĂ© constituent autant de portes dâentrĂ©e vers la fragilisation du corps. « Prendre soin de son esprit, câest aussi renforcer ses dĂ©fenses physiques », a-t-elle rappelĂ©, insistant sur la nĂ©cessitĂ© dâadopter des modes de vie sains.
FondĂ©e en 2010 et lĂ©galisĂ©e en 2017, Akanga Art sâimpose aujourdâhui comme un vĂ©ritable incubateur de talents au service de la sociĂ©tĂ©. Lâassociation Ćuvre Ă la formation, Ă la crĂ©ation et Ă la valorisation de la diversitĂ© artistique camerounaise, tout en sâimpliquant activement dans les grandes causes sociales. Elle incarne ainsi une gĂ©nĂ©ration dâartistes conscients que la culture peut soigner, guĂ©rir et transformer les mentalitĂ©s. Ă travers des ateliers, des expositions, des spectacles et des campagnes de sensibilisation, elle place lâart au cĆur de la santĂ© publique.
LâĂ©vĂ©nement sâest achevĂ© dans une ambiance de recueillement et dâespĂ©rance, marquĂ©e par des tĂ©moignages, des Ă©changes et des promesses dâengagement renouvelĂ©. Entre science et culture, Ă©motion et raison, cette rencontre a dĂ©montrĂ© que le combat contre le cancer du sein nâest pas seulement mĂ©dical, mais aussi humain, collectif et profondĂ©ment artistique. En un mot, une leçon de vie signĂ©e Akanga Art.






